Eclairage
 19.08.2019, 17:00

Eclairage: «Une Europe multiculturelle au Moyen Age»

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Bien que chrétienne et fidèle à la Rome catholique, l'Europe médiévale n'était pas homogène du point de vue religieux et culturel.

Histoire Des universitaires nous éclairent sur des sujets d’actualité, de société ou de recherche. Aujourd’hui, Loïc Chollet, docteur en histoire médiévale de l’Université de Neuchâtel, évoque la cohabitation entre les diverses communautés au Moyen Age.

Contrairement à une idée reçue, l’Europe médiévale n’était pas homogène du point de vue religieux et culturel. Maîtres de territoires en contact avec des populations musulmanes ou païennes, les monarques ibériques et est européens tirent une grande légitimité de leur position de «bastion de la Chrétienté».

Ce motif, toutefois, ne se traduit pas nécessairement par une moindre tolérance envers les «étrangers», qu’ils soient catholiques ou non. Voyons l’exemple de l’Europe centre orientale.

Dans les steppes de l’actuelle Ukraine nomadisent les Coumans, un peuple de langue turque pratiquant le chamanisme.

Des communautés juives et musulmanes vivent en Europe du Centre-Est déjà avant l’évangélisation, soit autour de l’an mil. Devenus chrétiens, les souverains hongrois, tchèques et polonais invitent des Allemands et d’autres Européens de l’Ouest à contribuer au rayonnement de l’Église et au défrichement des terres. Des droits relativement avantageux leur sont garantis.

Dans les steppes de l’actuelle Ukraine nomadisent les Coumans, un peuple de langue turque pratiquant le chamanisme. Après avoir ébranlé les frontières de la Hongrie, les Coumans se trouvent eux-mêmes menacés par les Mongols. En 1241, ils obtiennent du roi Béla IV de se réfugier en Hongrie, à condition de recevoir le baptême et de participer à la défense.

Les Mongols repartent mais les Coumans restent. Ils gardent leur mode de vie nomade pendant un bon siècle, et si l’on en croit les rapports des ecclésiastiques, leur conversion est longtemps superficielle.

L’attitude de la population oscille entre méfiance et fascination, alors que la noblesse se montre jalouse de ces étrangers considérés comme les agents du pouvoir royal.

En 1386, la reine Hedwige de Pologne épouse le grand-duc Jagellon de Lituanie, baptisé sous le nom de Ladislas. L’année suivante, la Lituanie, jusque-là païenne, reçoit la foi catholique. Ce qui n’équivaut pas à une politique de coercition systématique: les Ruthènes, une population slave de foi orthodoxe, gardent le droit de pratiquer leur religion dans cet État désormais catholique, tout comme les Tatars musulmans et les Juifs karaïtes.

Les représentants de ces communautés participent aux activités économiques et militaires de la Lituanie. Des Karaïtes forment la garde rapprochée des grands-ducs et les soldats tatars et ruthènes contribuent à la victoire polono-lituanienne remportée à Tannenberg contre les Chevaliers teutoniques, en 1410.


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