Eclairage
 15.05.2019, 17:00

Eclairage: «L’effet boomerang du dopage»

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Danilo Hondo, l'entraîneur national des routiers suisses, a été renvoyé avec effet immédiat suite à ses révélations de dopage.

Cyclisme Nos journalistes mettent en perspective des sujets d’actualité régionale, sportive, nationale ou internationale avec des analyses ou des éclairages. Aujourd’hui, Julian Cerviño revient sur la récente affaire ayant secoué le cyclisme suisse à la suite du licenciement de Danilo Hondo, l’ex-entraîneur de l’équipe de Suisse sur route, dont le nom est apparu dans un réseau de dopage.

En matière de dopage, il faut se méfier des retours de flamme. La fédération suisse de cyclisme (Swiss Cycling) vient d’en faire la douloureuse expérience. Son entraîneur national sur route, Danilo Hondo, s’est fait rattraper par son sulfureux passé.

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Cet ancien coureur allemand souffrait d’une réputation peu glorieuse dans le milieu, où l’on se doutait que sa suspension pour deux ans (entre 2005 et 2007), à la suite de la consommation d’un stimulant prohibé (carphédon), ne lui avait pas servi totalement de leçon.

Malgré tout, les responsables de Swiss Cycling l’avaient enrôlé en 2014. En affirmant, sans sourciller, que Danilo Hondo jouissait «d’une très bonne réputation dans le peloton». De quoi en scandaliser plus d’un à l’époque.

Comme on le présumait, le passé de cet Allemand établi en Suisse a fini par le rattraper. Déjà réapparu dans le «dossier Ferrari» en 2016, son nom a refait surface, avec quelques autres, dans l’affaire du réseau austro-allemand du docteur Erfurt. On appelle ça l’effet boomerang du dopage.

Même si ses compétences d’entraîneur ont été louées et reconnues, Danilo Hondo n’a plus d’avenir dans le cyclisme. Il en est le premier conscient, même si certains cyclistes lui ont confié leurs intérêts. D’un certain point de vue, son éviction est dommageable, mais c’est le prix à payer pour conserver une certaine crédibilité.

 

Qui va vraiment payer les conséquences de cette triste affaire?

Certes, d’autres anciens dopés occupent des postes à responsabilités dans diverses fédérations et équipes cyclistes de haut niveau. Même si les dirigeants helvétiques assurent avoir pris toutes les précautions, le risque s’avère trop élevé.

D’autant plus lorsque l’on représente une fédération nationale qui avait poussé à la démission son président (Richard Chassot) en raison de son soutien à Pat McQuaid. Certains pontes du cyclisme suisse accusaient – sans preuve avérée – l’ex-président de l’Union cycliste internationale (UCI) de soutenir des dopés. Cette contradiction coûte cher aujourd’hui.

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Qui va vraiment payer les conséquences de cette triste affaire? Les coureurs suisses engagés dans les prochaines épreuves internationales auront-ils droit à un encadrement digne de ce nom? Les dirigeants de Swiss Cycling seront-ils contraints à la démission? Une chose est certaine: l’image du cyclisme suisse est ternie et la crédibilité de ses dirigeants est bien entamée.


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