15.04.2019, 11:00

Au Centre d’art Neuchâtel, l’espace d’art comme organe sensible

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«Cette question qui vous brûle les lèvres», la nouvelle expo du CAN.

Exposition Poursuivant ses réflexions sur la notion d’espace d’art, initiées avec Sympathie, le Centre d’art Neuchâtel convie la curatrice Marie DuPasquier pour redéfinir des «zones de contact».

En décidant de «partir de quelque chose d’épidermique en lien avec la construction de l’espace d’art et de la relation organique [qu’on] entretient avec les artistes», la curatrice externe invitée par le Centre d’art Neuchâtel (CAN) explore la dimension artistique, parfois éthérée, qui se développe entre l’artiste, l’œuvre et l’espace où elle s’épanouit. Une seconde peau en somme, imperceptible, parfumée ou décharnée prend alors forme, à la limite de la pièce unique et de l’installation.

A l’image de ce gigantesque collage de feuilles de papier de riz, réalisé par la bâloise Franziska Baumgartner qui, en séchant, arrache littéralement plusieurs millimètres de peinture, révélant ainsi, de façon aléatoire, les fragments scénographiques de précédentes expositions. «Ce décollement fait remonter l’histoire du CAN à la surface» se réjouit Marie DuPasquier.

Des traces inconscientes

Mais la zone de contact n’est pas seulement archéologique, elle s’apprécie aussi dans les photographies d’aura, en l’occurrence ici d’algues luminescentes ou dans «la pétrification d’objets qui se fondent dans la structure», laissant échapper «une odeur qui participe de l’œuvre», comme ces filages déliés de Clémence de la Tour du Pin, chargés de graisses animales, de latex et autres senteurs indéfinissables.

L’œuvre se découvre ainsi au-delà de son emplacement propre, se devine même sans se voir. Indistincte, elle nous est encore susurrée par une poésie au creux de l’oreille.

Cette «Question qui vous brûle les lèvres» (titre d’exposition) tente alors, assez audacieusement, de mettre en scène ce monde particulaire, de soulever cette étrange relation, d’abord subconsciente, qui s’établit entre le visiteur et l’œuvre. De fait, «la pensée est à deux doigts de se formaliser sur les lèvres».

Camille Jean Pellaux

 

Infos pratiques

Centre d’art Neuchâtel, à voir jusqu’au 19 mai. Ouvert mercredi-dimanche 14h-18h. Lectures-performances samedi 11 mai dès 14h.


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