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20.02.2012, 13:14
Fin à l'isolement des internés dans les quartiers de haute sécurité

Fin à l'isolement des internés dans les quartiers de haute sécuritéPrison

La Commission nationale de prévention de la torture recommande la fin de l'isolement des internés psychiques. Ici, la prison de Prangins.

Il faut mettre fin le plus rapidement possible à l'isolement strict des malades psychiques internés dans les quartiers de haute sécurité des prisons suisses. C'est ce que recommande la Commission nationale de prévention de la torture (CNPT) dans un rapport publié aujourd'hui.

Le rapport de la CNPT fait suite à une visite au pénitencier de Bochuz effectuée le 6 avril 2011, donc bien après le décès de Skander Vogt, un détenu qui avait péri asphyxié après avoir mis le feu à sa cellule dans la nuit du 10 au 11 mars 2010.

La CNPT avait alors constaté une «situation difficile» due également à d'autres facteurs comme la surpopulation carcérale, la révision du Code pénal ou une gestion générale des établissements pénitentiaires «manquant de lignes claires au cours des dernières années».

La CNPT s'est essentiellement occupée des personnes souffrant de graves troubles de la personnalité et incarcérées dans le quartier de haute sécurité des établissements de la plaine de l'Orbe. «Ces détenus sont souvent violents, impulsifs, parfois très difficilement contrôlables», a-t-elle noté.

Et souligner que cette catégorie de troubles mentaux, «qui trouve souvent son origine dans une grande carence ou maltraitance affective et dont l'expression clinique passe souvent par la commission d'actes délictueux, mérite aussi un traitement au sens large du terme».

Or, ces personnes ne peuvent pas être prises en charge dans une unité psychiatrique habituelle, a constaté la CNPT. «Seule une approche de type sociothérapeutique nécessitant la création de petites unités de vie dans lesquelles un (ré)apprentissage des relations interindividuelles est envisageable, a des chances de succès».

Et elles doivent être conçues «dans une perspective thérapeutique s'éloignant résolument d'une approche punitive ou sanctionnelle classique».

La commission demande donc la création de telles unités spéciales avec la formation d'agents pénitentiaires spécialisés. Toutefois, dans l'immédiat, elle recommande «de mettre fin le plus rapidement possible à l'isolement strict tel qu'il est imposé actuellement aux personnes détenues dans la division de sécurité».


 

Source: AP