21.02.2012, 13:15
Bilan très positif dix ans après l'adhésion de la Suisse à l'ONU
NATIONS UNIES
Le 3 mars 2002, le peuple acceptait l'adhésion de la Suisse à l'ONU par 54,6%.
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Le 3 mars 2002, le peuple acceptait l'adhésion de la Suisse à l'ONU par 54,6%. Dix ans plus tard, la Confédération dresse un bilan très positif de cette décennie. Mais il faudra patienter encore dix ans avant que la Suisse ne puisse espérer entrer au Conseil de sécurité.
Le secrétaire d'Etat Peter Maurer et le chef de la division ONU et organisations internationales au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Jürg Lauber ont rappelé mardi en conférence de presse le rôle de la Suisse au sein de l'organisation ainsi que les objectifs fixés par les autorités pour les dix prochaines années.
Avec son entrée dans le cercle des Etats-membres, la Suisse a selon eux renforcé son profil de «peacekeeper» quand bien même les questions débattues à New York coïncident déjà avec ses objectifs en matière de paix, de sécurité, de droits humains ou de lutte contre la pauvreté.
M. Maurer a fait référence à la création en 2006 du Conseil des droits de l'homme à Genève, initiative dont la Suisse a été l'un des moteurs. L'institution «a par exemple démontré sa capacité d'action lors du Printemps arabe», ont notamment souligné les intervenants.
Des limites
M. Maurer a toutefois tenu à relativiser l'impact des Nations Unies. «L'instrument a aussi ses limites», a-t-il convenu. La lenteur de l'appareil à l'heure où les décisions se prennent très vite dans un monde en mouvement n'a pas été niée. Mais ce qui est important, c'est «la légitimité des décisions prises», a-t-il dit.
«Les peurs liées en Suisse au risque d'une perte de souveraineté du pays lors de l'adhésion ont été dissipées en dix ans», a-t-il expliqué. «Nous nous sommes vite adaptés aux Nations Unies grâce à nos bons offices et à notre longue expérience de facilitateur, de constructeur de ponts, de médiateur, voire d'avocat», a-t-il dit.
Conseil de sécurité
Prochaine étape pour la Confédération: l'adhésion au Conseil de sécurité en 2023-2024. «C'est une véritable campagne politique qui s'annonce», a averti le secrétaire d'Etat, pour qui les tractations seront dures pour arracher les voix des autres Etats-membres.
«Un siège au Conseil est compatible avec notre neutralité», a-t- il rassuré. Selon lui, les décisions coercitives prises au Conseil, y compris militaires, sont une sorte de «mesure de police» de la communauté internationale pour rétablir la paix et la sécurité.
Si la Suisse trouve assez d'appuis pour intégrer le Conseil de sécurité, «elle ne sera pas tenue de participer à la mise en oeuvre de mesures coercitives militaires», a-t-il précisé. Le rôle de la Suisse, selon lui, sera de veiller à protéger la population civile dans les conflits armés, lutter contre la dissémination d'armes légères ou assurer la non-prolifération des armes nucléaires.
Genève soutenue
La Suisse, qui a un statut d'Etat-hôte de l'ONU via la Genève internationale, veut enfin rester compétitive à moyen terme. MM. Maurer et Lauber se sont félicités de la contribution de 4 millions de francs par an décidée en 2011 par le Conseil fédéral au titre de soutien aux charges locatives d'organisations internationales.
Pour fêter les dix ans de l'adhésion de la Suisse, des fêtes informelles sont prévues à Genève et à New York. Berne souhaite dans ce cadre inviter le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.
Source: ATS
