Hécatombe subite de corneillesTAVANNES

07.02.2012, 06:01Hécatombe subite de corneilles

Une grande quantité d'oiseaux, corvidés et buses, ont été trouvés morts dans les environs de Celtor dimanche après-midi par une promeneuse.

Dimanche après-midi, une dame qui promenait son chien dans les environs de la décharge de Celtor entre Tavannes et Le Fuet, a découvert une quantité d'oiseaux morts ou en pleine agonie. Elle a alerté la police qui a pris les choses en main avec le garde-faune Thierry Studer.

Selon la porte-parole de la police Alice Born, il a été retrouvé des cadavres de corneilles, de grands corbeaux ainsi que de deux buses variables.

Pour l'heure, la police se contente de confirmer que des investigations sont en cours afin de découvrir les origines de cette subite hécatombe. Des cadavres vont être envoyés au laboratoire à Berne pour analyse afin de rechercher une éventuelle source d'empoisonnement.

"La seule certitude à l'heure actuelle, explique Thierry Studer, est qu'il ne s'agit pas d'une campagne officielle d'empoisonnement comme il en était organisé il y a plusieurs décennies. Quant aux chiffres, il précise lundi que 45 corneilles, 10 grands corbeaux et deux buses ont été retrouvés."

 

Idée abandonnée

 

On se souvient que du temps d'Elisabeth Zölch, il avait été envisagé de procéder à des campagnes d'élimination de corneilles par l'usage, non pas de poison mais de somnifères qui, par grands froids auraient entraîné la mort par hypothermie. Or, cette idée avait été définitivement abandonnée depuis lors, en raison de fortes oppositions.

Dans le cas qui nous concerne à Celtor, il est très difficile de se prononcer sur les causes exactes de toutes ces morts subites et apparemment très limitées dans le temps. Lundi matin, le garde-faune n'a plus trouvé qu'un seul oiseau mais qui était vraisemblablement mort dimanche en même temps que les autres.

 

Investigations en cours

 

Les installations de Celtor attirent des corbeaux, des corneilles et des rapaces en masse et ces oiseaux sont capables de percer des sacs d'ordures et des balles de stockage pour y dénicher des restes de nourriture, cela est bien connu.

Il se peut que des produits toxiques aient été déposés avec des ordures ménagères ou autres et que cela ait provoqué accidentellement l'empoisonnement de dimanche. Mais pour l'heure ni la police ni le garde-faune ne veulent privilégier une piste en particulier.

"Des investigations sont en cours, assure Alice Born et nous ne serons pas en mesure de nous prononcer avant d'obtenir les résultats du laboratoire." Même l'hypothèse d'une épidémie n'est pas écartée, encore que le garde-faune Thierry Studer ne la juge pas prioritaire.

En revanche, le froid mordant que nous subissons ces jours est absolument hors de cause. "Les animaux indigènes sont parfaitement habitués à ces températures extrêmes, et s'il est vrai que les individus vieux et fragiles succombent plus facilement dans des périodes comme celle-ci, cela ne saurait expliquer des morts aussi massives" , explique pour sa part le garde-faune Louis Tschanz. Pour ce qui est du gibier, il est même assez optimiste. "Des hivers où la couverture neigeuse est importante, les chevreuils et les chamois peuvent subir des pertes relativement importantes, mais lorsque la couche est fine au moins dans les fonds de vallée, les ongulés trouvent toujours à se nourrir en suffisance."

Quant à l'impact écologique de ces morts massives d'oiseaux, il n'est pas significatif. Les buses sont certes des espèces protégées, mais les principales victimes, corneilles et grand corbeau, ont des effectifs dynamiques qui ne souffriront pas de ces pertes.

Par BLAISE DROZ