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17.02.2012, 00:01
Des centaines d'emplois en vue

Des centaines d'emplois en vueVAL-DE-TRAVERS

Les autorités accompagnent trois gros projets industriels.

Même si, prudentes, les autorités refusent de donner son nom, c'est bel et bien Cartier, ce " nouvel acteur industriel de prestige " qui va acheter 22 000 mètres carrés de terrain à Couvet pour y installer une usine de production de mouvements horlogers.

" Non, nous ne dirons pas son nom, contrairement à ce qu'a fait un conseiller d'Etat ", a dit en souriant hier matin Christian Mermet, membre de l'exécutif de Val-de-Travers, qui présentait à la presse avec son collègue Jean-Nat Karaskah un ambitieux plan de développement économique, soumis lundi soir au Conseil général. Pourtant, le nom de Cartier a été mentionné par Thierry Grosjean, le chef de l'Economie, en décembre. A ce moment, le nombre d'emplois articulé dans les médias était de 400.

 

Un boom économique

 

Le site retenu par Cartier est situé à la Léchère, près du centre sportif de Couvet. Des tractations avancées sont en cours: l'entreprise doit acheter cette parcelle à l'Etat, mais il appartiendra à la commune d'équiper le terrain. "L'aboutissement du projet serait un succès majeur, qui récompenserait de la plus belle des manières les efforts déployés depuis trois ans par la commune, en étroit partenariat avec le service de l'économie du canton de Neuchâtel, pour réussir l'implantation d'un projet d'envergure au Val-de-Travers" , indique le rapport du conseil communal.

Un rapport qui met en évidence le véritable boom économique que connaît la jeune commune. "Le Val-de-Travers vit depuis la fin des années 90 une renaissance horlogère ", constate Jean-Nat Karakash, responsable de l'Economie. " On est passé de 500 à 1500 emplois, un nombre qui va encore croître rapidement ". Des centaines de postes devraient ainsi être créés par les sociétés horlogères: " 500 emplois d'ici deux ans, et plus de 1000 d'ici quatre ou cinq ans ", estime Jean-Nat Karakash. Une croissance qui est aussi " un véritable défi pour la commune. " Elle devra ainsi réfléchir au trafic pendulaire et à l'accueil des nouveaux habitants: si tant de nouveaux emplois se créent, autant convaincre leurs titulaires de s'établir au Vallon!

 

Une solution pour Etel

 

Outre le projet de Cartier, les deux plus gros employeurs de Val-de-Travers - 1000 emplois à eux deux - veulent grandir: ValFleurier, qui produit 60 000 mouvements horlogers par année, veut doubler la surface de sa manufacture et a déjà acquis la parcelle nécessaire auprès de l'Etat. Et Etel, fabricant de moteurs, est un peu à l'étroit sur son terrain de Môtiers. Il aimerait "préparer une future extension de son site principal ", dit le rapport de l'exécutif. Et acquérir une surface de 10 000 mètres carrés.

Problème pour Etel: difficile de s'étendre sur une zone où se trouve notamment la pisciculture, désaffectée de ses missions publiques, et les abattoirs qui, eux, sont en activité.

L'entreprise et la commune ont trouvé une solution: les abattoirs pourraient déménager sur le site de l'ancienne décharge, avec une installation flambant neuve à la clé; et une société en formation, Biofish, devrait succéder à la pisciculture, mais sur un autre site, à proximité des étangs, dès 2016. Cette société a présenté un projet de production piscicole privé " particulièrement viable et intéressant ", selon le rapport de l'exécutif.

Le deal financier? Etel paiera " l'essentiel ", selon le rapport, des coûts qu'entraîneront ces relocalisations. Biofish et la société coopérative qui gère les abattoirs financeront leurs nouveaux bâtiments, alors que Val-de-Travers leur met à disposition gratuitement les terrains qui les accueilleront. " On ne fait pas de la promotion économique seulement pour les grands groupes horlogers, mais aussi pour les petites entreprises locales ", explique Christian Mermet. Avec cette conclusion, tirée du rapport de l'exécutif: " La commune se trouve bel et bien à l'aube d'une nouvelle ère de développement" .

Par FRANÇOISE KUENZI