Festi’neuch
 17.06.2017, 01:01

Junior Tshaka: "On vit dans une bulle de luxe"

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 17.06.2017, 01:01   Junior Tshaka: "On vit dans une bulle de luxe"

MUSIQUE Des lecteurs ont interviewé Junior Tshaka dans notre rédaction quelques jours avant son concert à Festi'neuch.

«Tshaka, ça m’est venu quand j’étais adolescent, comme un besoin de crier face aux injustices du monde qui me touchaient beaucoup.» Mardi dernier, le reggaeman neuchâtelois Junior Tshaka, de son vrai nom Greg Frascotti, a répondu avec franchise et amabilité aux questions d’abonnés dans les locaux de la rédaction de «L’Express». Ce soir, il montera avec ses musiciens...

«Tshaka, ça m’est venu quand j’étais adolescent, comme un besoin de crier face aux injustices du monde qui me touchaient beaucoup.» Mardi dernier, le reggaeman neuchâtelois Junior Tshaka, de son vrai nom Greg Frascotti, a répondu avec franchise et amabilité aux questions d’abonnés dans les locaux de la rédaction de «L’Express». Ce soir, il montera avec ses musiciens sur la scène du Chapiteau, à Festi’neuch.

Une question concernant l’origine de son amour pour le reggae a réveillé chez le musicien des souvenirs d’enfance: «Je me souviens d’avoir acheté une cassette de Bob Marley à un vendeur à la sauvette sur un parking en Italie. Cette cassette était un peu mon refuge, je l’écoutais quand j’avais des problèmes.»

Viser l’épanouissement

Cela l’a conduit à s’intéresser à la culture rasta, puis à l’Afrique, où l’artiste a beaucoup joué et voyagé. «L’Afrique, je l’aime et la respecte mais je ne l’idéalise pas», a-t-il assuré. «C’est le continent des paradoxes, il y a beaucoup de souffrance mais aussi beaucoup de joie. Aujourd’hui, il y a beaucoup des jeunes qui s’engagent, qui ont conscience qu’il va falloir construire l’Afrique de leurs propres mains. J’espère qu’elle va réussir à se relever et à montrer le chemin.»

Junior Tshaka a conscience qu’en tant qu’artiste, il exerce une certaine influence sur les jeunes au Travers de ses chansons. Mais lorsqu’on lui demande ce qu’il conseille aux jeunes qui arrivent au terme de leur formation, il se montre prudent: «C’est délicat de porter la responsabilité de porte-parole, déjà parce que je ne suis pas sûr d’avoir les réponses.» Au-delà de ces réserves, il encourage la nouvelle génération «à bosser mais à viser l’épanouissement, pas seulement le salaire et une bonne voiture.»

Cette vision pourrait paraître naïve si elle n’émanait pas d’un homme qui gagne entièrement sa vie avec son art, grâce aux cachets des concerts, aux ventes de disques mais aussi aux droits d’auteur qu’il touche. Outre l’aspect artistique, «j’ai aussi un petit côté chef d’entreprise. J’aime garder le contrôle».

A propos du clivage Haut-Bas et des problèmes du canton, le musicien estime qu’il faut prendre du recul. «Notre niveau de vie est tellement haut, nous vivons dans une bulle de luxe. Si on en prend conscience, on arrivera peut-être à mieux partager», notamment avec des personnes venues d’ailleurs. «On peut prendre l’immigration comme quelque chose de positif. Il faut arrêter de penser que les migrants viennent ici pour voler notre travail et violer nos filles.»

Georgio sur un bateau

Le rappeur français Georgio s’est offert un tour en bateau sur le lac avant de revenir sur les Jeunes-Rives pour assister au concert de Camille. Un moment partagé sur Instagram.

Les musiciens de Broken Back se sont affrontés lors d’un match de ping-pong dans l’espace réservé aux artistes. Un bon échauffement avant de monter sur scène.

«Ma meilleure ne pouvait pas venir, alors elle m’a envoyé son frère!» La présence des festivaliers à Festi’neuch s’explique parfois de manière étonnante. Ce qui ne gâche rien au plaisir.

«Une ville spéciale»

Soprano, vous êtes déjà venu à Neuchâtel, quel souvenir en gardez-vous?

Neuchâtel, c’est une ville spéciale pour moi. Le premier concert que j’ai fait en Suisse, il y a 15 ans, c’était dans une petite boîte de nuit de cette ville. J’étais venu avec mon groupe Psy4 de la Rime. Les premiers Suisses que j’ai connus étaient à Neuchâtel.

Votre chanson «Roule» issue de votre album «L’Everest» et dédiée à votre ami Sya Styles (DJ de Psy4 de la Rime, décédé en 2015) cartonne, quel est votre sentiment par rapport à ce succès?

A la base je ne l’avais pas prévu pour l’album. Je l’ai écrit parce que j’avais besoin de le faire. Après, mes collègues m’ont dit que ça serait un bel hommage de la mettre sur l’album. Et petit à petit, elle est devenue impersonnelle, car je ne suis pas le seul à avoir perdu un ami. Tout le monde a pris cette chanson pour son compte. Je reçois des messages comme je n’en avais jamais eu depuis ce morceau. Beaucoup de gens me disent que ce morceau les aide à surmonter leur peine. J’ai mis des mots sur leur douleur, leur tristesse.

Vous avez toujours un état d’esprit positif malgré les difficultés, comment faites-vous?

Par le passé, j’étais très négatif, j’avais souvent le moral en bas. La Musique m’a beaucoup guéri. Aujourd’hui, quand je regarde où j’en suis dans ma vie, je me dis que le fait de positiver, de se battre, vaut la peine. On a besoin aujourd’hui de positivité avec toute la négativité qu’il y a dans les médias, dans le quotidien. Quand tu écoutes une chanson d’un artiste qui véhicule de la positivité, ça te donne envie de continuer. Et les gens ne le savent pas, mais ça me donne envie à moi aussi de continuer de chanter. Stéphanie giroud

Camille brouille les repères et enchante le public

Il s’est mis à venter fort, hier soir sur les Jeunes-Rives. Comme si les éléments eux-mêmes avaient été émus par l’extraordinaire performance de Camille en début de soirée. Et il y avait de quoi.

Davantage qu’un simple concert, l’artiste a offert sous le Chapiteau un spectacle mêlant musique et danse, avec une bonne dose de géniale folie. Telle la prêtresse d’un étrange culte païen, Camille chuchote ou hurle, se courbe, tandis que les percussions marquent implacablement le rythme. On ne sait pas trop si l’on assiste à une rave party chamanique ou à une gigue avant-gardiste. Camille et ses musiciens, tous de bleu vêtus, brouillent tous les repères, on ne comprend plus qui joue quoi et d’où viennent les sons que l’on entend. Et à vrai dire, on s’en moque, tant on est pris par le spectacle. Une fois l’artiste partie, le public hurle encore sa joie pendant plusieurs minutes. Un grand moment.

Difficile de passer après ça. Les Anglais de The Kooks ont pourtant offert au public de Festi’neuch un show efficace, très britpop, avec des guitares acérées. Cela leur vaudra de figurer en photo dans cet article, Camille ayant, elle, purement et simplement refusé d’être prise en photo.


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