12.10.2017, 11:17  

A Saignelégier, la droguiste Line Roy la joue "local"

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Line Roy, droguiste, a passé sa maîtrise à Neuchâtel... en allemand.

 12.10.2017, 11:17   A Saignelégier, la droguiste Line Roy la joue "local"

SANTE - Line Roy inaugure samedi la droguerie «Menthe Poivrée» au cœur de Saignelégier. Un métier qui attire si peu de Romands que la formation est dispensée en allemand à Neuchâtel.

Une agréable odeur de plantes séchées chatouille les narines du visiteur qui pénètre dans la boutique de Line Roy. Sur les étagères de la droguerie Menthe Poivrée, qui sera inaugurée à Saignelégier samedi, les plantes sont reines. On les trouve en huiles essentielles, granules homéopathiques, tisanes... «Le but, c’est de fabriquer sur mesure les remèdes, après discussion avec la personne. Je trouve dommage de juste prendre une boite sur une étagère. Je veux, et je m’y tiendrais, prendre le...

Une agréable odeur de plantes séchées chatouille les narines du visiteur qui pénètre dans la boutique de Line Roy. Sur les étagères de la droguerie Menthe Poivrée, qui sera inaugurée à Saignelégier samedi, les plantes sont reines. On les trouve en huiles essentielles, granules homéopathiques, tisanes... «Le but, c’est de fabriquer sur mesure les remèdes, après discussion avec la personne. Je trouve dommage de juste prendre une boite sur une étagère. Je veux, et je m’y tiendrais, prendre le temps d’écouter les gens, de partager mes connaissances», souligne cette jeune femme de 29 ans.

Ajoulote installée au Noirmont, Line Roy a obtenu une maîtrise de droguiste (lire ci-dessous), condition absolue pour pouvoir commercialiser ces remèdes. Afin de préparer ses mélanges, elle a installé dans l’arrière boutique un petit laboratoire, selon les normes strictes, de l’emplacement du point d’eau jusqu’aux murs qui ont dû être lissés pour devenir lavables. «Il y a tout un cahier des charges à respecter dans la pharmacopée helvétique».

Petite, elle n’a pas eu droit aux cataplasmes d’oignons ou des frictions d’orties. «Ma maman n’était pas spécialement sensible à la santé par les plantes. Mais je me souviens quand même avoir enfilé des chaussettes imbibées de vinaigre quand on avait la fièvre. Et mes parents sont agriculteurs, j’ai toujours été au contact de la nature et intéressée par ses bienfaits. La nature nous offre tout ce dont on a besoin pour trouver notre équilibre de santé».

Connaissance de 200 plantes

Voilà plus de 20 ans que le village a vu fermer sa dernière droguerie. Line Roy sera la seule à proposer dans les Franches-Montagnes les remèdes spagyriques du laboratoire Spagyros, à Malmaison. «Un élément majeur a déterminé mon choix: je tenais à travailler avec un producteur local. Et une fois que l’on a visité le laboratoire de Malmaison, on ne peut être que conquis. Par ailleurs, les retours de la clientèle que j’ai pu conseiller dans mes précédents emplois m’ont convaincue des bienfaits de ces remèdes.»

>>Un laboratoire au coeur de la nature

Cette boutique, elle en rêvait depuis son CFC. Et cela représente un gros défi. «Je l’ai appelée Menthe Poivrée car c’est ma plante préférée. En thé, elle facilite la digestion, en huile essentielle elle fait passer les maux de tête, en friction elle agit sur les douleurs musculaires... La menthe a de nombreuses vertus! Et j’adore son odeur...».

Durant sa formation, Line Roy a appris à connaître plus de 200 plantes. «Il existe de nombreuses affections que l’on peut combattre avec les plantes, sans prendre de médicaments chimiques. Leur action est notamment connue sur les troubles de la ménopause, mais aussi sur les refroidissements, les problèmes de sommeil, la poussée de dents des enfants etc.».

La droguerie sera officiellement inaugurée ce samedi de 8h à 16h. Line Roy offrira le verre de l’amitié à cette occasion. De la tisane? «Non, non!» assure-t-elle en souriant. «Un vrai verre!»

Une formation en allemand

Avant de réaliser son rêve et ouvrir sa boutique, Line Roy a dû décrocher la précieuse maîtrise de droguiste, à l’Ecole supérieure de droguerie à Neuchâtel. C’est la seule école qui forme désormais les droguistes de toute la Suisse. «Peu de Suisses romands sont intéressés par cette formation. Ce qui a pour conséquence que les classes sont regroupées entre Suisses-romands et Suisses-allemands. Du coup, la formation est donnée à 80% en allemand. Les trois premiers mois, on se demande ce qu’on fait là...», explique Line Roy, qui ne bénéficiait que d’un niveau d’allemand scolaire.

Sur sa volée 2014-2016, on comptait deux Suisses romandes pour 20 Suisses allemands. Une majorité de filles, un seul garçon figurait dans les rangs.  «Peu à peu, on s’adapte, on fait des progrès. Mais faire cette formation, pour un Romand, il faut vraiment le vouloir! La langue est un obstacle supplémentaire pour les Romands et cela ne les incite pas à épouser cette profession.».

Ce d’autant plus qu’elle est dispensée à 100% à l’école. «On redevient étudiant, sans revenus, durant deux ans. Et les frais d’écolage sont tout de même élevés, soit plus de 20 000 francs.».


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