06.10.2017, 00:01  

«Le palmier» sur une île flottante

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 06.10.2017, 00:17   «Le palmier» sur une île flottante

GORGIER Il a fallu cinq ans au Conseil d’Etat pour faire passer le projet.

Après bien des rebondissements, le sort de l’œuvre artistique baptisée «Le palmier», qui devait s’élever à côté de la prison de Gorgier, est fixé. Ce projet controversé devrait être érigé sur une île artificielle à quelques mètres du rivage.

«Ce palmier, j’aime à dire qu’il existe déjà, tellement on en a parlé», a déclaré hier le conseiller d’Etat...

Après bien des rebondissements, le sort de l’œuvre artistique baptisée «Le palmier», qui devait s’élever à côté de la prison de Gorgier, est fixé. Ce projet controversé devrait être érigé sur une île artificielle à quelques mètres du rivage.

«Ce palmier, j’aime à dire qu’il existe déjà, tellement on en a parlé», a déclaré hier le conseiller d’Etat neuchâtelois Alain Ribaux. Pour le chef du Département de la justice, de la sécurité et de la culture, c’est le propre d’une œuvre d’art de toucher aux émotions, voire de déclencher la polémique.

Visible de la prison

«Le principe du projet n’est pas trahi, l’œuvre sera visible de la prison», a relevé l’artiste Christian Gonzenbach. Avant que le palmier puisse être à disposition des baigneurs, quelques étapes administratives doivent encore être franchies, a précisé Alain Ribaux. Le projet sera prochainement mis à l’enquête. Avec, bien entendu, le risque qu’il doive affronter une ou des oppositions.

«Le palmier» s’élèvera d’une petite plateforme flottante aménagée comme une île, à quelques mètres du rivage, à l’emplacement du radeau mis à disposition des baigneurs en été. L’installation artistique sera accessible au public, qui pourra ainsi en profiter.

Taille réduite

Le tronc du palmier sera en acier peint de façon réaliste, tout comme les palmes. Le «rocher» sur lequel il reposera sera en béton, texturé de façon réaliste. L’île sera amarrée par des chaînes à des blocs immergés. L’arbre de métal ne fera pas 18 m, comme initialement prévu, mais plutôt 4,5 à 5 m, nous a confié le plasticien.

L’œuvre a une longue histoire (lire ci-contre «La saga du ‘Palmier’»). Enlisé dans une procédure juridique qui aurait pu aller jusqu’au Tribunal fédéral, le projet aurait pu traîner encore des années. Le conseiller d’Etat Alain Ribaux, en charge de la culture, estime qu’«on ne pouvait pas aller plus vite». Il se réjouit qu’après «un gros travail de maturation» et une rencontre entre l’artiste et le député Bernard Schumacher, fer de lance de l’opposition au projet, la solution présentée hier ait pu être imaginée. «Tout le monde est gagnant; l’Etat, la commune, les habitants et l’artiste.»

Présidente du Conseil général de Gorgier et épouse du député, Véronique Schumacher résume ainsi le conflit: «’Le palmier’ a cristallisé un sentiment d’exclusion de la population par rapport aux décisions de l’Etat concernant cette prison et pour lesquelles elle n’a jamais été consultée.»

Les griefs se sont accumulés, comme la rancœur: «L’Etat nous avait dit que la prison hébergerait des détenus purgeant des courtes peines. Au final, on s’est retrouvé avec des détenus dangereux.» Les habitants n’ont pas apprécié non plus que soit abattu le rideau d’arbre qui masquait l’édifice et la pose de barbelés autour du site.

La lutte contre l’implantation du ‘Palmier’ près de la prison a au final des retombées «importantes et positives», estime Bernard Schumacher. Le nouvel arrêté sur le pour-cent culturel ancre en effet le principe d’une participation des autorités ou de la population locales dans les jurys attribuant ces fonds culturels. En compagnie de deux autres artistes, Christian Gonzenbach expose en ce moment à la Galerie C à Neuchâtel.

la saga du palmier

2012, 24 novembre. L’Express/L’Impartial annoncent qu’«un palmier métallique de 18 m de haut sera érigé l’an prochain» près de la prison de Gorgier. Coût: 100 000 francs, soit 1% des coûts de construction de la nouvelle prison. Les jours suivants, le projet suscite une avalanche de critiques.

2013, 4 décembre. Soirée débat à Gorgier. Autorités et promoteurs du projet font face à un public en majorité hostile.

2014, février. Le député PLR de Gorgier, Bernard Schumacher, réclame la modification de l’arrêté sur le pour-cent culturel. La pétition qu’il a lancée recueille 550 paraphes. Le Grand Conseil rejettera la proposition.

2014, juillet. Le dossier arrive devant le Conseil communal.

2014, novembre. La commune refuse le permis de construire. L’Etat décide que le palmier sera érigé plus loin de la prison.

2015, juillet. Malgré la volonté du Grand Conseil, le Conseil d’Etat modifie l’arrêté, réduisant l’enveloppe attribuée aux projets artistiques.

2015, octobre. La mise à l’enquête du projet suscite 52 oppositions.

2016, 1er avril. Bernard Schumacher propose de mettre le palmier au port de Chez-le-Bart. Poisson d’avril?

2016, juillet. Projet de loi socialiste pour rectifier l’ar rêté par le Conseil d’Etat en 2014.

2016, NOVEMBRE. La commune de Gorgier refuse le permis de construire. Elle s’appuie sur la pétition et sur un vote consultatif du Conseil général. Motif: l’œuvre est trop haute. Le Conseil d’Etat recourt contre la décision de la commune. Le Tribunal cantonal donne raison à l'Etat, renvoyant le dossier à la commune pour nouvelle décision.

2017, 5 octobre. Accord trouvé. ‘Le palmier’, qui ne mesurera pas 18 mètres, ira sur une île-radeau, au large du port de Chez-le-Bart.


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