09.06.2017, 00:01  

Les mines, poules aux œufs d’or, mais surtout piliers fragiles

Abonnés
chargement
L’Australie a comme pilier de croissance l’industrie minière, qui représente 45% de ses exportations.
Par Rachel Richterich

MATIÈRES PREMIÈRES - L’Australie, en croissance continue, et l’Afrique du Sud, en récession, misent sur le secteur minier, qui plie face une demande chinoise faiblissante.

C’est officiel, l’Afrique du Sud, entre en récession, avec un produit intérieur brut (PIB) qui se retrouve pour le deuxième trimestre consécutif dans le rouge. Une première depuis 2009, pour ce pays à l’économie la plus industrialisée du continent africain. A l’inverse, l’Australie affiche son 103e trimestre consécutif de croissance, entrant ainsi dans sa 26e année sans récession. Elle...

C’est officiel, l’Afrique du Sud, entre en récession, avec un produit intérieur brut (PIB) qui se retrouve pour le deuxième trimestre consécutif dans le rouge. Une première depuis 2009, pour ce pays à l’économie la plus industrialisée du continent africain. A l’inverse, l’Australie affiche son 103e trimestre consécutif de croissance, entrant ainsi dans sa 26e année sans récession. Elle devient ainsi l’une des économies développées les plus performantes. Pourtant, elle partage certains risques avec l’Afrique du Sud.

Car toutes deux ont pour pilier de croissance l’industrie minière. C’est grâce à elle que l’Afrique du Sud parvient à limiter les dégâts. Selon les statistiques publiées mardi, la baisse est de 0,7% au premier trimestre et ce secteur, représentant 8% du PIB du pays, affiche une croissance de 12,8%. Tandis que l’Australie doit son score des trois premiers mois de l’année – il s’amenuise à +0,3% – aux métaux qui représentent 45% de ses exportations, le fer en particulier, et pèsent pour 4,5% du PIB. Et tous deux doivent aujourd’hui songer à se diversifier.

Refonte du PIB

«Le secteur a été très chahuté en 2015 dans un environnement incertain», signale Agathe Bouché, analyste chez Bordier & Cie. En cause, la Chine, qui compte pour environ 40% de la consommation mondiale de matières premières. «Après un boom des investissements dans les années2005 et2006, Pékin souhaite à présent que la consommation devienne une contribution plus importante à la croissance du PIB», explique l’analyste. Une phase de transition qui a pour corollaire, outre un ralentissement de la croissance du pays, une baisse probable de la demande en matières premières à moyen terme.

Dans ce contexte plus difficile, les sociétés minières ont dû adapter leur surplus d’offre, en fermant notamment les mines les moins rentables, et ont réduit leurs coûts. Par ailleurs, beaucoup de ces sociétés étaient très endettées et se sont concentrées sur l’assainissement de leur bilan. Parmi les groupes les plus connus, BHP Billiton et Rio Tinto, basées à Melbourne, ou encore Anglo Platinum, cotée à Johannesburg. «Les Capex ont par conséquent été abaissés», ces derniers reflètent non seulement les dépenses nécessaires pour la maintenance des infrastructures existantes, mais aussi les investissements dans des nouveaux projets jugés rentables.

«Certains projets ont été retardés ou interrompus», signale Agathe Bouché. Les ressources ont, en revanche, été maintenues sur des projets répondant à une offre insuffisante pour faire face à la demande et capables de résister à un environnement de prix des matières premières faibles.

Equilibre bancal

«La Chine reste un moteur pour le secteur des métaux», relève l’analyste. «La situation s’est améliorée en 2016 à la faveur d’un rebond du secteur de la construction et se stabilise en 2017, en amont du rassemblement du Parti communiste, qui se tiendra à l’automne. En effet, si la construction immobilière est attendue en ralentissement, les dépenses en infrastructure devrait en revanche rester soutenues cette année».

Mais l’équilibre demeure fragile avec un manque de visibilité à moyen terme. «Les sociétés restent prudentes, nous ne voyons pas pour l’instant de reprise des Capex», poursuit l’analyste.


Vous avez lu gratuitement
une partie de l'article.

Pour la lire la suite :

Profitez de notre offre numérique dès Fr 2.- le 1er mois
et bénéficiez d'un accès complet à tous nos contenus

Je profite de l'offre !
Top