16.06.2017, 02:02

L’inflation reste basse malgré une politique expansionniste

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Pour Thomas Jordan, président de la Banque nationale suisse, l’afflux de liquidités n’engendre «que très peu de pressions sur les prix».

 16.06.2017, 02:02   L’inflation reste basse malgré une politique expansionniste

Par ATS

FINANCES Selon la Banque nationale suisse, un taux d’intérêt négatif reste nécessaire pour réduire l’attractivité du franc.

La Banque nationale suisse (BNS) reconduit telle quelle sa politique monétaire expansionniste, l’inflation restant très basse malgré l’injection massive de liquidités sur le marché. Selon elle, un taux d’intérêt négatif est toujours nécessaire pour réduire l’attractivité du franc, toujours nettement surévalué.

«L’inflation augmente très lentement en Suisse, mais aussi dans d’autres pays comme le Japon, malgré des politiques monétaires...

La Banque nationale suisse (BNS) reconduit telle quelle sa politique monétaire expansionniste, l’inflation restant très basse malgré l’injection massive de liquidités sur le marché. Selon elle, un taux d’intérêt négatif est toujours nécessaire pour réduire l’attractivité du franc, toujours nettement surévalué.

«L’inflation augmente très lentement en Suisse, mais aussi dans d’autres pays comme le Japon, malgré des politiques monétaires expansionnistes», a rappelé, hier, devant la presse réunie à Berne, Thomas Jordan, président de la BNS. Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, l’afflux de liquidités n’engendre que peu de pressions sur les prix.

Pour l’année en cours, la BNS escompte toujours un taux d’inflation de 0,3 pour cent. La prévision pour 2018 est abaissée de 0,4% à 0,3% et celle pour 2019 passe de 1,1% à un pour-cent.

Question des salaires

Une des raisons de ce bas niveau d’inflation est peut-être liée à «la très faible hausse des salaires», malgré une reprise du marché du travail, observe Thomas Jordan. Ce dernier explique que des discussions sont menées sur ce sujet avec d’autres directeurs de banques centrales (Europe, Japon) pour savoir si l’inflation pourrait d’un seul coup flamber.

L’institut d’émission a également annoncé, hier, que la marge de fluctuation du Libor à trois mois demeurera comprise entre -1,25% et -0,25 pour cent. Le taux d’intérêt appliqué aux avoirs en compte de virement reste aussi en terrain négatif à -0,75 pour cent.

Le franc suisse reste «nettement» surévalué, a expliqué Thomas Jordan. La situation n’a pratiquement pas évolué au cours des six derniers mois, même si la pression à la hausse sur la devise helvétique s’est accrue dans les semaines qui ont précédé l’élection présidentielle en France.

Le franc s’est apprécié en revanche face au dollar, dans le contexte d’incertitude entourant les perspectives de politique monétaire et économique. Les pressions sur le franc ne vont pas disparaître d’un jour à l’autre, a ajouté le président de la direction de la BNS.

«Les deux piliers de notre politique monétaire atténuent ces pressions», a-t-il rappelé. Il s’agit d’une part du taux d’intérêt négatif qui réduit, en partie au moins, l’attrait des placements en francs, et d’autre part, d’interventions sur le marché des changes.

Nouvelle baisse pas exclue

Dans son scénario monétaire, la BNS se base sur le fait que les taux vont rester bas en Europe encore un certain temps. Interrogé sur un possible renforcement en territoire négatif des taux, Thomas Jordan a expliqué que cela pourrait être une option, si les instruments actuels ne suffisaient plus à endiguer une appréciation du franc.

L’institut d’émission a, par ailleurs, indiqué maintenir sa prévision de croissance du produit intérieur brut (PIB) helvétique à environ 1,5% en 2017. L’économie suisse se trouve sur la voie de la reprise, estime Thomas Jordan. Le constat vaut notamment pour les exportations, grâce au redressement de l’industrie depuis le début de l’année.

Marges sous pression

La banque centrale observe également des signaux positifs en provenance de «larges pans» des secteurs des services et de la construction. Le phénomène se manifeste par une propension accrue des entreprises à investir, s’est réjoui le président de la direction.

Reste que le franc fort ne constitue de loin pas encore un mauvais souvenir pour toutes les branches, a noté le Biennois. Pour certaines, les capacités demeurent en outre sous-utilisées et les marges des entreprises apparaissent toujours sous pression, avec une origine à la fois conjoncturelle et structurelle.

La dynamique générale relevée par Thomas Jordan ne rejaillit que de manière partielle sur le marché du travail en Suisse. L’amélioration y ressort encore modeste, malgré un recul du taux de chômage à 3,1% le mois dernier, à son plus bas niveau depuis juillet 2016. Les entreprises se montrent pour l’heure prudentes en matière d’embauches. ATS

L’idée d’un fonds souverain à nouveau rejetée

La Banque nationale suisse (BNS) a rejeté une nouvelle fois, hier, la création d’un fonds souverain. «Ce n’est pas une bonne idée, car les réserves de devises ne sont pas un capital», a déclaré son président Thomas Jordan.

Les actifs de la banque centrale sont des réserves monétaires, qui doivent être à disposition pour intervenir sur le marché des changes, a répété Thomas Jordan devant la presse, réunie à Berne. La comparaison avec la Norvège n’est pas valable, a-t-il ajouté. Cette dernière dispose de fonds propres issus de la manne pétrolière.

La BNS s’évertue néanmoins à faire fructifier par des placements ses réserves de devises, une stratégie proche d’un fonds souverain, a ajouté Thomas Jordan.

Les demandes de création d’un fonds souverain, comme celui de la Norvège, resurgissent régulièrement. Dernière tentative en date, la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS, BL) compte déposer prochainement un texte pour exiger la création d’un tel fonds.

«La fortune de la BNS appartient au peuple», a affirmé Susanne Leutenegger Oberholzer dans la presse dominicale. «Comme la Norvège, nous devons créer un fonds souverain transparent et investir l’argent de manière utile pour l’économie helvétique», estime la présidente de la commission de l’économie et des redevances du Conseil national.

L’économiste en chef d’UBS, Daniel Kalt, propose, quant à lui, de ne pas recourir directement aux réserves de devises de la BNS, mais aux gains générés par les ventes futures des avoirs en devises. ATS


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